• «Notre politique a été demandée par les Français»

    Propos recueillis par L. C.
    19/11/2008 | Mise à jour : 17:27
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    «Le ministère de la Justice n'avait pas été réformé de cette façon depuis près d'un demi-siècle. Il est normal que les réformes suscitentdes réactions», confie Rachida Dati.
    «Le ministère de la Justice n'avait pas été réformé de cette façon depuis près d'un demi-siècle. Il est normal que les réformes suscitentdes réactions», confie Rachida Dati. Crédits photo : Le Figaro

    INTERVIEW - La garde des Sceaux justifie sa gestion des affaires, qui suscite les critiques des magistrats.

    LE FIGARO. - Dans une motion qui vous a été adressée mardi, 534 magistrats dénoncent votre politique et vous demandent «des excuses» pour l'affaire de Metz - qui a vu des magistrats sommés de s'expliquer après le suicide d'un mineur en prison. Pourquoi avez-vous demandé une inspection après ce drame ?
    Rachida DATI. - Un suicide est toujours un événement dramatique au sein d'un établissement pénitentiaire. Il est de politique constante que, dans une telle affaire, et en particulier s'agissant d'un mineur, une inspection soit ordonnée dans les meilleurs délais par l'Administration pénitentiaire. Est-il choquant que le garde des Sceaux, sans rechercher de quelconque responsabilité sur un plan disciplinaire, ordonne également une inspection afin de connaître les conditions dans lesquelles le mineur a été poursuivi, interpellé, incarcéré ?

    Fallait-il interroger les acteurs jusque tard dans la nuit ?
    Aucun magistrat ne peut être choqué par une telle démarche qui a pour seul objectif de comprendre, et éventuellement d'éviter par la suite, de tels événements. Au demeurant, le principe d'une telle inspection n'a jamais été mis en cause par quiconque.

    Ces nouvelles protestations ne sont-elles pas le signe d'une rupture entre la Chancellerie et les magistrats ?
    Pensez-vous sérieusement que lorsque j'ordonne, ou qu'un ministre ordonne une inspection, il indique au responsable d'une telle opération les modalités dans lesquelles elle doit se dérouler ? J'avoue ne pas comprendre la teneur de cette motion dont les termes erronés pourraient devenir outranciers alors même que les plus hautes autorités judiciaires locales ont démenti qu'une quelconque inspection disciplinaire ait été engagée et ont déclaré publiquement que je n'avais jamais évoqué, à quelque mo­ment que ce soit, la décision de justice. Je constate enfin que, dans le tract rendu public, il est tout de même relevé que je soutiens les magistrats.

    Comment qualifieriez-vous vos relations avec le corps judiciaire ?
    La multiplication des réformes en cours, je le reconnais, crée au sein du corps des interrogations compréhensibles. Pour autant, si je comprends les difficultés des magistrats, je ne peux accepter les mises en cause. En tant que garde des Sceaux, je mets en œuvre une politique pénale ferme, souhaitée par les Français, votée par le Parlement, qui a essentiellement pour objet la protection des citoyens et la lutte contre la récidive en réinsérant les personnes détenues. Dans nos institutions, le Parlement vote la loi et les magistrats l'appliquent avec un pouvoir d'appréciation. Le ministère de la Justice n'avait pas été réformé de cette façon depuis près d'un demi-siècle. Il est normal que les réformes suscitent des réactions. Mes prédécesseurs ont aussi eu à faire face à des mouvements de magistrats. Mais la politique que nous menons a été demandée par les Français.

    » 500 magistrats signent une motion contre Dati

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