• Mystérieux enlèvement
    d'un magistrat ukrainien

    Cyrille Louis
    03/12/2008 | Mise à jour : 09:06
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    Yuriy Gaysynkyy a expliqué avoir été détenu dans la région de Fontainebleau.
    Yuriy Gaysynkyy a expliqué avoir été détenu dans la région de Fontainebleau.

    Ancien procureur général de Kiev, l'homme a été enlevé en plein Paris le 24 novembre avant d'être relâché samedi dernier.

    L'affaire, qui rassemble à première vue les ingrédients d'un savoureux polar, déconcerte depuis six jours les enquêteurs de la PJ parisienne. Le 26 novembre dernier, la brigade criminelle a été chargée d'enquêter sur l'enlèvement d'un ancien haut magistrat ukrainien en plein Paris. Apprenant qu'une rançon de 20 millions d'euros avait été réclamée à l'entourage de la victime, les policiers ont dans un premier temps privilégié la thèse du rapt crapuleux. Samedi, sa libération soudaine et inexpliquée aux portes de l'hôtel Meurice les a cependant conduits à relancer les investigations tous azimuts - pour l'heure sans résultat.

    Lundi 24 novembre, c'est apparemment pour accompagner un homme d'affaires ukrainien, engagé dans un projet visant à construire un sarcophage autour de la centrale de Tchernobyl, que Yuriy Gaysynkyy, avocat et ancien procureur général de Kiev, est descendu en sa compagnie à l'hôtel Meurice, dans le Ier arrondissement de Paris. Le soir même, le haut magistrat a brusquement été enlevé par plusieurs hommes alors qu'il s'apprêtait à sortir en ville dans le véhicule avec chauffeur mis à sa disposition. Quelques heures plus tard, il semble qu'il ait pu téléphoner à son épouse restée en Ukraine afin de lui signaler son enlèvement. Peu après, l'un de ses proches, qui exerce un mandat de député dans son pays, aurait reçu un coup de fil d'inconnus s'exprimant en ukrainien et exigeant une rançon de 20 millions d'euros. Mercredi, un avocat parisien informé de cette mystérieuse disparition a finalement alerté les autorités françaises qui, sans attendre, ont saisi la brigade criminelle.

    Deux hommes en garde à vue

    Libéré samedi matin, Yuriy Gaysynkyy semble n'avoir livré que des indications assez imprécises sur les conditions de sa séquestration, expliquant simplement avoir été détenu dans la région de Fontainebleau (Seine-et-Marne). «À première vue, il n'a pas été violenté, mais on ne connaît ni le nombre de ses ravisseurs, ni la cause de sa brusque remise en liberté», résume une source proche de l'enquête. Devant les policiers, la victime se serait de surcroît déclarée complètement incapable d'expliquer les motivations de son enlèvement.

    Relevant de nombreuses contradictions dans les récits fournis à la fois par l'homme d'affaires l'accompagnant et par le chauffeur qui devait les conduire dans Paris, les enquêteurs ont décidé ce week-end de placer les deux hommes en garde à vue pour tenter d'établir le scénario précis du rapt. «Ils ont été séparés durant les cinq jours de leur séquestration et livrent une version pour le moins confuse de cette période, explique un policier, qui ajoute : À ce stade, on ne comprend absolument pas pourquoi la victime a été relâchée.»

    À l'issue de leur garde à vue, qui intervient dans le cadre d'une enquête de flagrances pour «enlèvement, séquestration en bande organisée et association de malfaiteurs» et peut durer 96 heures, Volodymyr W. et Alezan P. seront soit remis en liberté, soit déférés au parquet de Paris. La traque des ravisseurs, elle, ne fait vraisemblablement que commencer.

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