• Le «petit pont massacreur»
    fait une nouvelle victime

    Ophélie Wallaert (lefigaro.fr) avec agence
    04/12/2008 | Mise à jour : 16:39
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    Un collégien de Sevran en Seine-Saint-Denis a été frappé mardi par d'autres élèves parce qu'il refusait de jouer à ce jeu dangereux en vogue dans les cours de récréation.

    Lui aussi a 12 ans et lui aussi a été victime de la violence de ses camarades, dans la cour de son collège. Comme Yvane au Havre il y a deux semaines, un élève de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a été frappé parce qu'il aurait refusé de participer au jeu dangereux du «petit pont massacreur».

    Il est 10 heures mardi matin dans la cour de récréation du collège Gallois quand «huit élèves de 4e» se mettent à «rouer de coups de pieds et de poings» un élève de 5e, relate LCI.fr. «Le jeu du petit pont massacreur a mal tourné», confirme mercredi la mairie de Sevran. Ce jeu, à la mode dans les écoles, c'est la version violente de la «bonne vieille tomate». Le principe, brutal, est simple : si l'un des participants laisse passer le ballon entre ses jambes, il est immédiatement frappé par ses «adversaires».

    Un jeu qui a dégénéré dans le cas de ce collégien sevranais. Mais l'élève «n'a pas de traumatisme crânien», contrairement à ce que les médecins avaient craint dans un premier temps. Emmené à l'hôpital de Villepinte, l'enfant a été gardé en observation et est «rentré chez lui», selon Laurent Petrynka, directeur de cabinet du recteur de l'académie de Créteil, interrogé jeudi après-midi par lefigaro.fr.

    Actions de prévention

    Une enquête est également en cours pour retracer la scène qui s'est jouée dans la cour de récréation. Elle a été confiée au commissariat de Sevran, précise-t-on à la DDSP 93 (Direction Départementale de la Sécurité Publique de Seine-Saint-Denis) qui refuse de communiquer sur le sujet. Des témoins ont été entendus mercredi à la brigade des mineurs. Les jeunes agresseurs sont «en cours d'identification».

    Les enfants impliqués passeront ensuite «devant un conseil de discipline», précise Laurent Petrynka. «Ils ont envoyé un autre élève à l'hôpital, ce n'est pas rien». C'est pourquoi l'académie de Créteil ne compte pas s'arrêter là. «On va réfléchir à une meilleure organisation de la vie scolaire» pour éviter ce type d'incidents, explique-t-on. Des actions de prévention contre les jeux dangereux, déjà régulièrement organisées auprès des collégiens, sont aussi prévues.

    Les parents d'Yvane, eux, ont déposé plainte lundi pour «violences volontaires en réunion». Leur fils, scolarisé en classe de 5e dans un collège du quartier du Mont-Gaillard au Havre, avait perdu conscience après avoir été victime du «petit pont massacreur», le 21 novembre dernier. L'enfant, âgé de 12 ans, n'est depuis pas retourné dans son collège et ses parents ont décidé de l'inscrire dans un autre établissement.

    » INTERVIEW : «Des jeux violents comme rites de passage»

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