
Le service était séduisant. Le comparateur de coûts placé sur son site par l'Afer début 2007 permettait enfin de mesurer les frais des différents contrats d'assurance-vie. À condition que les données utilisées soient fiables, a jugé hier le tribunal de grande instance de Strasbourg, qui a condamné l'association d'épargnants. Il lui reproche de n'avoir retenu que l'hypothèse d'un versement unique de 10 000 euros sur une durée de 8 ans qui
« ne correspond guère au comportement habituel des assurés des contrats testés ». Ce choix a permis à l'Afer de placer
« presque systématiquement son produit en tête des 26 contrats étudiés ». Le comparateur doit être supprimé et l'Afer devra verser 30 000 euros de dommages et intérêts à l'Agipi, l'association concurrente qui avait saisi la justice. En attendant éventuellement d'autres pénalités. L'association Gaipare a également assigné l'Afer. Avec son comparateur, celle-ci a repris un produit aussi en vogue que source de litiges dans d'autres activités.
L'an dernier, Air France et British Airways ont attaqué en justice l'éco-comparateur de la SNCF. De même, en 2006, le comparateur des Centres E. Leclerc avait été fermé sur ordre de la justice, saisie par Carrefour. Michel-Édouard Leclerc n'a pu rouvrir son site que dans une version très allégée. Carrefour a aussitôt relancé une action en justice. Dans la finance, Meilleurtaux.com et Assurland, comparateurs de crédits et d'assurances, n'ont pas été, à ce jour, mis en cause. Il est vrai que ces deux sites ne font a priori la promotion d'aucun assureur ou banquier. Même si l'actionnaire principal d'Assurland est l'assureur mutualiste MMA et celui de Meilleurtaux, la Caisse d'épargne.