
Très belle, fluide et pourtant musclée, la Gran Turismo intimide par ses dimensions généreuses et ses immenses roues reportées aux limites de la carrosserie. Gare aux coups de trottoir avec une voiture qui ne facilite pas les manoeuvres, tout comme le grand diamètre de braquage (10,7 m). La marche avant lui convient mieux et c'est un régal absolu que de réveiller d'un coup de clé le grondement du V8. Si la position de conduite nécessite quelques tâtonnements pour trouver la bonne formule, l'habitacle réserve une belle surprise par son volume, sa présentation et sa qualité affichée, de haut niveau.
En mode automatique, la boîte à convertisseur se montre d'une douceur exemplaire. Elle enchaîne les rapports sans à-coups et rétrograde, hélas, sans ce petit coup de gaz du double débrayage. La philosophie est ici plus routière et cela tombe bien car le châssis à l'impeccable répartition des masses (49 % à l'avant, 51 % à l'arrière) dissimule bien que la boîte n'est plus entre les roues arrière. La Gran Turismo n'est pas exactement une voiture agile, mais elle se complaît sur les tracés rapides où sa direction, très sensible au point milieu, nécessite un peu trop d'attention à notre goût. Avec l'amortissement piloté Skyhook (option 2 512 eur ) qui joue sur les modes confort ou sport, la réponse plus immédiate dans ce dernier cas à l'accélérateur, la commande de la boîte sous les doigts et l'autobloquant efficient, la Gran Turismo se joue des aléas de la circulation. Un coup d'accélérateur et la clameur des chevaux efface en un instant le lambin et son cortège bouchonné. Cet entrain inépuisable est juste limité par la 1,9 tonne à mouvoir mais aussi à freiner. Les disques serrés par des mâchoires à 6 pistons (4 à l'arrière) paraissent toujours réfléchir un instant avant d'obtempérer, même si tout traitement est une faute de goût. Certes, la Gran Turismo réclame plus de déférence qu'une Gran Sport mais c'est finalement bien là le jeu de la complémentarité.