• Le consommateur ne verra pas la baisse du prix du lait

    Eric de La Chesnais
    03/12/2008 | Mise à jour : 19:54
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    Crédits photo : Le Figaro

    Malgré l'accord passé entre éleveurs et transformateurs qui prévoit une diminution régulière des prix à la production jusqu'à fin mars, le litre de lait chez le commerçant ne suivra pas, lui, la même tendance.

    «Il n'y a aucune raison pour que le litre de lait baisse en rayon, explique un porte parole du groupe Lactalis, le numéro deux mondial du lait dont le siège est basé à Laval (Mayenne). L'accord signé entre producteurs et transformateurs lundi correspond à un équilibre de la filière où la valorisation du beurre et de la poudre de lait est en dessous de 20 centimes d'euros le litre alors que le prix payé aux éleveurs était au dessus de 30 centimes». Il est vrai que les beurres et poudres de lait utilisés à usage industriel ont vu leur prix s'effondrer sur les marchés internationaux depuis fin 2007, mais ils représentent moins de 30% du lait collecté. Les 70% restants sont valorisés à travers les produits de grande consommation, lait, fromages, crèmes, yaourts ou plaquettes de beurre… «Nous sommes coincés d'un côté entre les agriculteurs à qui l'on aura payé une augmentation de 18% sur l'ensemble 2008 et de l'autre, la grande distribution qui comprime ses marges», poursuit-on chez Lactalis. Dans ces conditions, l'industriel aura augmenté ces prix de 6 à 10% sur l'ensemble de l'année. «La baisse de la fin 2008 ne fait que compenser les hausses des trois premiers trimestres de l'année que nous n'avons pu répercuter intégralement».

    Même le syndicat des producteurs de lait, la FNPL, signataire de l'accord interprofessionnel de lundi, admet cette situation. «La valorisation des produits industriels n'a jamais été aussi basse : moins de 200 euros pour 1000 litres de lait, souligne le syndicat professionnel émanant de la FNSEA. C'est aussi dans ce contexte que la FNPL a pris ses responsabilités et a signé un accord qui limite la baisse pour les 5 prochains mois et placera le prix français parmi les plus hauts de l'Union Européenne». En clair, le consommateur payera pour compenser la baisse des prix industriels du beurre et des poudres sur les marchés.

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