C'EST UNE FEMME du sérail, une patronne à poigne et une cavalière émérite bien sûr ! Sa nomination hier à la direction générale de France Galop, la maison mère des courses de galop, est à la fois pour elle une consécration et pour le très masculin monde hippique, un événement. Emmanuelle Bour, 50 ans en décembre, l'a donc finalement emporté sur son copain de promo à l'Inra et homme de l'interne, Thierry Delègue, qui était également dans la course.
La Poitevine, épouse du patron de la Générale de Santé Daniel Bour, avait les faveurs d'Édouard de Rothschild, le président de France Galop, tout juste entré au conseil des Haras nationaux, dont elle a justement conduit la modernisation. Thierry Delègue n'est toutefois pas en reste puisqu'il est promu, également sur proposition d'Édouard de Rothschild, directeur général adjoint, chargé des courses et des sites.Emmanuelle Bour succédera donc dans un an à l'emblématique Louis Romanet, 59 ans, dont la famille a marqué depuis cent ans le monde des courses. « Je pense qu'après 40 ans dans le sérail il était temps de tourner la page, d'apporter du sang neuf et de féminiser l'institution », commente celui qui reste président de la Fédération internationale des autorités hippiques.Comme elle fut la première femme à diriger les Haras où elle a gagné à marche forcée tous ses galons, l'ancienne du Génie rural sera aussi la première à tenir les rênes de France Galop qu'elle rejoindra dès mars prochain. Véritable entreprise, l'association a été créée en 1995 pour encourager l'amélioration des races de chevaux de galop en France. Elle gère les six hippodromes parisiens, organise 200 courses par an dont les célèbres Prix de l'Arc de Triomphe et de Diane. Emmanuelle Bour se retrouvera ainsi à la tête de 450 salariés et de 450 millions d'euros de recettes, provenant à 90 % du PMU, en forte croissance sous l'effet de la redynamisation conduite par le président Bertrand Bélinguier. Parmi les dossiers qui l'attendent : outre le renouvellement des concessions des hippodromes d'Auteuil et de Longchamp et la modernisation de ce dernier, les négociations avec la Commission européenne décidée à lutter contre les monopoles nationaux.