KEREN LENTSCHNER.
INFRASTRUCTURES Le groupe espagnol a racheté 32 % d'Eutelsat, numéro trois mondial des satellites. Il poursuit ainsi sa stratégie de diversification.
IL CONTINUE à tisser sa toile en Europe. Abertis, qui gère des infrastructures (autoroutes, aéroports), rachète à des fonds d'investissement (Texas Pacific Group, Spectrum, Goldman Sachs, Cinven) les 32 % d'Eutelsat qu'ils possèdent. En déboursant 1,07 milliard d'euros, l'espagnol - dont les principaux actionnaires sont la caisse d'épargne catalane Caixa et le groupe de construction ACS - deviendra le premier actionnaire du numéro trois mondial des satellites. Eutelsat exploite 23 satellites de télécommunications qui diffusent plus de deux mille chaînes de télévision dans 150 pays. L'opérateur européen, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 791 millions d'euros au premier semestre 2006, détient un carnet de commandes de 4 milliards d'euros.
Complémentarité et synergies
Avec Eutelsat, Abertis compte sur une «
complémentarité » d'activités, sur une diversification de ses risques technologiques et sur des synergies en matière de clientèle et de produits. Ainsi, dans la télévision, Abertis Telecom, filiale de l'espagnol, est le deuxième plus gros client d'Hispasat, dont Eutelsat détient 28 %.
Cette prise de participation doit aussi permettre à Abertis de se placer en amont d'une «
consolidation de l'industrie des infrastructures de télécommunications ». Pour le groupe, le marché des opérateurs de satellites présente de nombreux attraits, parmi lesquels des barrières élevées à l'entrée et des contrats long terme.
Surtout, d'un point de vue stratégique, cette opération «
renforce la présence d'Abertis en France comme opérateur diversifié de transports et de télécoms », explique le groupe catalan. «
Elle s'inscrit dans leur stratégie de diversification, relève Charles-Edouard Boissy chez Oddo Securities.
C'est le business model d'Abertis d'être dans le management d'infrastructures aussi bien routières que de télécommunications. »
Au cours des dernières années, Abertis s'est en effet engagé dans un élargissement de ses activités, tant par secteur que par zones géographiques. En dehors des télécoms, il a intensifié ses participations dans le secteur aéroportuaire (acquisition de TBI), les parkings et la logistique. Reste que «
toutes les diversifications ne dépassent pas 12 % de l'Ebitda [excédent brut d'exploitation], note l'analyste d'Oddo Securities.
Abertis reste, en grande majorité, une société d'autoroutes. »
La France a ainsi fait partie des terrains de chasse d'Abertis. Après un feuilleton à suspense, il a été le premier étranger - par le biais du consortium HIT - à obtenir un réseau d'autoroutes hexagonal. Associé à des institutionnels français (Axa, Predica, Caisse des dépôts, famille Peugeot), Abertis a remporté l'an passé la privatisation de la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef). Loin d'être rassasié, l'Espagnol - allié à Veolia - aurait fomenté quelques mois plus tard une OPA contre Vinci.
Il lui reste désormais à boucler son grand projet, sa fusion avec l'Italien Autostrade. Ce mariage transfrontalier, qui ferait de la nouvelle entité le numéro un mondial des autoroutes, est pour le moment suspendu au bon vouloir du gouvernement italien. Abertis a, lundi, prévenu qu'il n'entendait pas y renoncer.
INFRASTRUCTURES Le groupe espagnol a racheté 32 % d'Eutelsat, numéro trois mondial des satellites. Il poursuit ainsi sa stratégie de diversification.
IL CONTINUE à tisser sa toile en Europe. Abertis, qui gère des infrastructures (autoroutes, aéroports), rachète à des fonds d'investissement (Texas Pacific Group, Spectrum, Goldman Sachs, Cinven) les 32 % d'Eutelsat qu'ils possèdent. En déboursant 1,07 milliard d'euros, l'espagnol - dont les principaux actionnaires sont la caisse d'épargne catalane Caixa et le groupe de construction ACS - deviendra le premier actionnaire du numéro trois mondial des satellites. Eutelsat exploite 23 satellites de télécommunications qui diffusent plus de deux mille chaînes de télévision dans 150 pays. L'opérateur européen, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 791 millions d'euros au premier semestre 2006, détient un carnet de commandes de 4 milliards d'euros.
Complémentarité et synergies
Avec Eutelsat, Abertis compte sur une «
complémentarité » d'activités, sur une diversification de ses risques technologiques et sur des synergies en matière de clientèle et de produits. Ainsi, dans la télévision, Abertis Telecom, filiale de l'espagnol, est le deuxième plus gros client d'Hispasat, dont Eutelsat détient 28 %.
Cette prise de participation doit aussi permettre à Abertis de se placer en amont d'une «
consolidation de l'industrie des infrastructures de télécommunications ». Pour le groupe, le marché des opérateurs de satellites présente de nombreux attraits, parmi lesquels des barrières élevées à l'entrée et des contrats long terme.
Surtout, d'un point de vue stratégique, cette opération «
renforce la présence d'Abertis en France comme opérateur diversifié de transports et de télécoms », explique le groupe catalan. «
Elle s'inscrit dans leur stratégie de diversification, relève Charles-Edouard Boissy chez Oddo Securities.
C'est le business model d'Abertis d'être dans le management d'infrastructures aussi bien routières que de télécommunications. »
Au cours des dernières années, Abertis s'est en effet engagé dans un élargissement de ses activités, tant par secteur que par zones géographiques. En dehors des télécoms, il a intensifié ses participations dans le secteur aéroportuaire (acquisition de TBI), les parkings et la logistique. Reste que «
toutes les diversifications ne dépassent pas 12 % de l'Ebitda [excédent brut d'exploitation], note l'analyste d'Oddo Securities.
Abertis reste, en grande majorité, une société d'autoroutes. »
La France a ainsi fait partie des terrains de chasse d'Abertis. Après un feuilleton à suspense, il a été le premier étranger - par le biais du consortium HIT - à obtenir un réseau d'autoroutes hexagonal. Associé à des institutionnels français (Axa, Predica, Caisse des dépôts, famille Peugeot), Abertis a remporté l'an passé la privatisation de la Société des autoroutes du nord et de l'est de la France (Sanef). Loin d'être rassasié, l'Espagnol - allié à Veolia - aurait fomenté quelques mois plus tard une OPA contre Vinci.
Il lui reste désormais à boucler son grand projet, sa fusion avec l'Italien Autostrade. Ce mariage transfrontalier, qui ferait de la nouvelle entité le numéro un mondial des autoroutes, est pour le moment suspendu au bon vouloir du gouvernement italien. Abertis a, lundi, prévenu qu'il n'entendait pas y renoncer.