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L'État espère imposer ses choix chez Safran

Y. LE G..
 Publié le 07 décembre 2006
Actualisé le 07 décembre 2006 : 08h12
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Stand Safran au salon de l'armement.
Stand Safran au salon de l'armement.
(DR)
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Le ministre de l'Économie affronte des actionnaires salariés qui veulent le départ des deux dirigeants du groupe.

 
À QUELQUES JOURS du conseil de surveillance de Safran, qui se tiendra le 12 décembre, l'État mesure une nouvelle fois que le métier d'actionnaire est difficile. Soucieux de mettre fin à la bataille interne qui déchire l'entreprise née du mariage de Snecma et de Sagem, Thierry Breton souhaite le départ du président du conseil de surveillance, Mario Colaiacovo, avant d'envisager de possibles changements dans le directoire présidé par Jean-Paul Béchat. Désireux de respecter les règles de bonne gouvernance, le ministre de l'Économie est aussi prêt à renouveler le conseil de surveillance si son fonctionnement est mis en cause par la division de ses membres entre partisans de Jean-Paul Béchat et de Mario Colaiacovo.
 

Mais les choses ne sont pas si simples et l'État n'est pas assuré d'obtenir la révocation de Mario Colaiacovo. Car, sur le papier, il ne possède que 5 représentants sur les 18 membres du conseil de surveillance. Premier actionnaire avec 25,5 % des droits de vote, il doit compter avec un groupement d'actionnaires salariés qui assurent représenter 21 % des droits de vote.

 

Un nouveau duo

 

Ces derniers souhaitent un changement radical. Ils veulent le départ simultané de Mario Coliaiacovo et de Jean-Paul Béchat. Pour s'en expliquer, ils ont demandé à rencontrer Thierry Breton et Michèle Alliot-Marie, le ministre de la Défense. Désireux de changer la donne, ces actionnaires salariés souhaitent l'arrivée de personnalités nouvelles pour prendre les commandes du groupe. Un duo formé de Bernard Rétat, ex-vice président de Thales, et Patrick Buffet, délégué général et membre du comité exécutif de Suez, est une possibilité. Le premier comme président du conseil de surveillance, le second comme président du directoire. Cette solution n'est pas celle que préfère Bercy. Mais un bon connaisseur du dossier assure qu'elle pourrait être retenue.

 

Les actionnaires salariés, dont le porte-parole est Daniel Dupuy, un ex-dirigeant de Sagem, sont passés à l'offensive après le licenciement par Jean-Paul Béchat de Jacques Paccard, le président de Sagem Défense et Sécurité. Critiquant ouvertement la stratégie industrielle du président du directoire, ils l'estiment incapable de mettre en oeuvre les synergies ­entre les métiers de Snecma et de Sagem. Ils le soupçonnent de préparer à terme la vente par appartements des activités défense et sécurité de Sagem.

 

Soupçons et malveillances

 

Ils envisagent également de demander des expertises pour obtenir l'accès aux comptes de Safran afin de savoir si des conventions ont été signées entre Safran et la société Bucéphale Finance, spécialisée dans les fusions-acquisitions, dont le président Jean-Marc Forneri est membre du conseil de surveillance. Un soupçon révélateur des tensions actuelles. « J'affirme que Bucéphale Finance et Safran n'ont aucune relation financière. Je n'exclus pas de poursuivre en justice Daniel Dupuy, porte-parole des actionnaires salariés, en raison des assertions malveillantes qu'il véhicule à l'endroit de Bucéphale Finance », s'indigne Jean-Marc Forneri.

 

Le ministre de l'Économie affronte des actionnaires salariés qui veulent le départ des deux dirigeants du groupe.

 
À QUELQUES JOURS du conseil de surveillance de Safran, qui se tiendra le 12 décembre, l'État mesure une nouvelle fois que le métier d'actionnaire est difficile. Soucieux de mettre fin à la bataille interne qui déchire l'entreprise née du mariage de Snecma et de Sagem, Thierry Breton souhaite le départ du président du conseil de surveillance, Mario Colaiacovo, avant d'envisager de possibles changements dans le directoire présidé par Jean-Paul Béchat. Désireux de respecter les règles de bonne gouvernance, le ministre de l'Économie est aussi prêt à renouveler le conseil de surveillance si son fonctionnement est mis en cause par la division de ses membres entre partisans de Jean-Paul Béchat et de Mario Colaiacovo.
 

Mais les choses ne sont pas si simples et l'État n'est pas assuré d'obtenir la révocation de Mario Colaiacovo. Car, sur le papier, il ne possède que 5 représentants sur les 18 membres du conseil de surveillance. Premier actionnaire avec 25,5 % des droits de vote, il doit compter avec un groupement d'actionnaires salariés qui assurent représenter 21 % des droits de vote.

 

Un nouveau duo

 

Ces derniers souhaitent un changement radical. Ils veulent le départ simultané de Mario Coliaiacovo et de Jean-Paul Béchat. Pour s'en expliquer, ils ont demandé à rencontrer Thierry Breton et Michèle Alliot-Marie, le ministre de la Défense. Désireux de changer la donne, ces actionnaires salariés souhaitent l'arrivée de personnalités nouvelles pour prendre les commandes du groupe. Un duo formé de Bernard Rétat, ex-vice président de Thales, et Patrick Buffet, délégué général et membre du comité exécutif de Suez, est une possibilité. Le premier comme président du conseil de surveillance, le second comme président du directoire. Cette solution n'est pas celle que préfère Bercy. Mais un bon connaisseur du dossier assure qu'elle pourrait être retenue.

 

Les actionnaires salariés, dont le porte-parole est Daniel Dupuy, un ex-dirigeant de Sagem, sont passés à l'offensive après le licenciement par Jean-Paul Béchat de Jacques Paccard, le président de Sagem Défense et Sécurité. Critiquant ouvertement la stratégie industrielle du président du directoire, ils l'estiment incapable de mettre en oeuvre les synergies ­entre les métiers de Snecma et de Sagem. Ils le soupçonnent de préparer à terme la vente par appartements des activités défense et sécurité de Sagem.

 

Soupçons et malveillances

 

Ils envisagent également de demander des expertises pour obtenir l'accès aux comptes de Safran afin de savoir si des conventions ont été signées entre Safran et la société Bucéphale Finance, spécialisée dans les fusions-acquisitions, dont le président Jean-Marc Forneri est membre du conseil de surveillance. Un soupçon révélateur des tensions actuelles. « J'affirme que Bucéphale Finance et Safran n'ont aucune relation financière. Je n'exclus pas de poursuivre en justice Daniel Dupuy, porte-parole des actionnaires salariés, en raison des assertions malveillantes qu'il véhicule à l'endroit de Bucéphale Finance », s'indigne Jean-Marc Forneri.

 

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