
LE ROUND d'observation est terminé, le combat peut commencer. Patronat et syndicats se retrouvent aujourd'hui au siège du Medef pour aborder la deuxième phase de la négociation marathon sur la modernisation du marché du travail. Une étape cruciale symbolisée par l'arrivée à la tête de la délégation patronale de Cathy Kopp qui remplace Denis-Gautier-Sauvagnac, dont la position était devenue intenable après la multiplication de révélations sur les comptes occultes de la fédération dont il s'apprête également à quitter la présidence.
Quant à la négociation en tant que telle, le changement de braquet est symbolisé par le
« projet de plan détaillé » envoyé hier par le patronat à l'ensemble des syndicats. Point par point, il reprend les quatre grands thèmes abordés jusqu'ici - entrée dans l'emploi, déroulement de carrière, licenciement, retour à l'emploi - déclinés en près d'une vingtaine de sous-thèmes de négociations, et pas des plus simples. De la durée de la période d'essai à la création d'un contrat de mission en passant par la mise en place d'une rupture à l'amiable ou l'élargissement de l'accès aux droits et leur portabilité, tous ont cristallisé l'opposition traditionnelle entre syndicats et patronat.
Un clivage récurrent que la première phase de négociation a fait réapparaître au fil des propositions patronales.
« Le patronat veut surtout des modifications du contrat de travail, alors que nous voulons sécuriser les parcours professionnels. Si le Medef reste pur et dur sur ses demandes, il sera difficile de trouver un accord », résume Gabrielle Simon pour la CFTC. Si tel était le cas, le gouvernement a prévenu qu'il légiférerait seul.
Or, la commission Attali, chargée par Nicolas Sarkozy de trouver des solutions originales pour doper la croissance, ne va pas rassurer les syndicats. Mercredi, ses membres ont débattu du marché du travail et discuté d'une série de mesures pour le moderniser.
« Maintien de la compétitivité »
Dans un prérapport de cette commission révélé par
Les Échos, la piste de la réécriture de la définition du licenciement économique est évoquée. Il y a trois ans, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin s'était déjà penché sur la question. Il avait notamment essayé d'inclure la notion de
« maintien de la compétitivité » parmi les causes pouvant être invoquées pour motiver un licenciement économique. Avant de finalement renoncer face à l'hostilité générale des syndicats.
Mis sous pression par le gouvernement, suivis de près par la commission Attali, gênés par les révélations sur les retraits en liquide de DGS, les partenaires sociaux ne se retrouvent pas dans une position très confortable pour aborder la deuxième phase de leurs discussions. Un échec leur serait en tout cas préjudiciable. La présidente du Medef, Laurence Parisot, le sait qui estimait récemment : «
La négociation va entrer dans le vif. Il va falloir élaborer entre patronat et syndicats les lignes possibles d'un compromis. » Et de préférence ambitieux.