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  • Bill Clinton dégage la voie pour Hillary chez Obama 

    De notre correspondant à New York, Jean-Louis Turlin
    21/11/2008 | Mise à jour : 09:56
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    Malgré les concessions consenties par Bill Clinton, la présence de sa femme dans le futur cabinet Obama n'est pas encore assurée. (AFP)
    Malgré les concessions consenties par Bill Clinton, la présence de sa femme dans le futur cabinet Obama n'est pas encore assurée. (AFP) Crédits photo : AFP

    L'ancien président accepte de mettre au clair ses activités pour permettre à son épouse de se voir offrir le portefeuille des Affaires étrangères, dans une Administration Obama où les premières nominations privilégient l'expérience.

    HILLARY Clinton ne sera peut-être pas secrétaire d'État, mais Bill n'y sera pour rien. L'ancien président a levé un obstacle majeur à la nomination de son épouse en acceptant de révéler les noms des principaux bienfaiteurs de sa fondation - ce qu'il avait refusé de faire pendant la campagne des primaires.

    « Je ferai ce qu'ils veulent », a affirmé Bill Clinton à New York lors d'une cérémonie au cours de laquelle le Triborough Bridge a été rebaptisé pont Robert F. Kennedy. Il faisait allusion aux conditions convenues la semaine dernière à Chicago entre Hillary et le président élu.

    Bill Clinton consentirait notamment à tenir la future Administration Obama informée de ses prestations (un discours d'une heure peut être facturé 425 000 dollars), aux États-Unis et à l'étranger où ses propos ne devront pas gêner la politique extérieure américaine. Il ne serait plus impliqué dans la gestion au jour le jour de la William J. Clinton Foundation et n'interviendrait plus dans la grande conférence annuelle de la Clinton Global Initiative, sorte de Davos new-yorkais en faveur du développement.

    Ces conditions nécessaires ne seront pas suffisantes pour autant. En les dévoilant, le camp Clinton semble forcer la main de Barack Obama. Or, l'époux encombrant n'est sans doute pas le seul obstacle à prendre en compte. Les qualités d'Hillary ne sont pas en cause, ni son soutien initial à la guerre en Irak, alors qu'Obama l'a rejointe sur le terrain militaire en tenant une ligne dure sur l'Afghanistan.

    Premières déceptions

    Mais la bataille des primaires a laissé des traces que les deux anciens rivaux devront surmonter dans leurs rapports personnels. Le chroniqueur du New York Times Tom Friedman écrivait hier que les secrétaires d'État les plus efficaces étaient ceux avec qui l'on avait l'impression de s'adresser directement au président. Ce qui était vrai de James Baker et George H. W. Bush pourrait-il l'être d'Hillary Clinton et Barack Obama ?

    L'ancienne première dame n'est pas la seule candidate pressentie pour le poste. Le gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, pourrait de nouveau lui barrer la route : cet ancien ambassadeur à l'ONU et ministre de Bill Clinton, qui avait déserté le camp Clinton et s'était déclaré en faveur d'Obama en se retirant des primaires, a lui aussi été reçu par le président élu. Autre concurrent, l'ancien candidat à la Maison-Blanche, John Kerry se contenterait d'hériter de la présidence de la commission des Affaires étrangères du Sénat que va quitter Joe Biden, le numéro 2 d'Obama.

    En admettant que le département d'État ait été offert à Hillary, en veut-elle vraiment ? La sénatrice de New York n'a sans doute pas renoncé à ses ambitions présidentielles, qui seraient peut-être mieux servies en dehors du gouvernement, dès 2012, si le premier mandat Obama tournait mal. D'autant que face au spécialiste de l'international qu'est Joe Biden, elle n'est pas sûre d'avoir les coudées franches.

    Qu'elle soit nommée ou non, la spéculation sur son nom reflète une tendance qui semble privilégier l'expérience, à ce stade précoce de la constitution du cabinet où aucune annonce n'est encore officielle. La nomination de Tom Daschle à la tête des services de la Santé « va décevoir les électeurs qui espéraient voir de nouvelles têtes », a déclaré un porte-parole du Comité national républicain, qui reproche à l'ancien président des démocrates au Sénat sa proximité avec le milieu du lobbying (un domaine où sa femme est active) après la perte de son siège en 2004. Mais le choix de Daschle, auteur d'un livre sur la réforme de la santé et familier des rouages du Congrès, indique que le nouveau président entend tenir sa promesse de couvrir les 47 millions d'Américains qui n'ont pas d'assurance médicale.

    C'est sans surprise que l'on retrouvera David Axelrod, le stratège de la campagne d'Obama, comme conseiller spécial du président, ou encore Gregory Craig, qui défendit Bill Clinton pendant la procédure d'impeachment, comme conseiller juridique. Mais Janet Napolitano, gouverneur de l'Arizona (l'État de John McCain), incarnera le changement à la tête du ministère de la Sécurité du territoire.

    » VIDÉO CNN - La constitution du cabinet Obama

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