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Un collégien jésuite devenu Lider maximo

Publié le 02 août 2006
Actualisé le 06 juin 2007 : 11h41
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47 ans au pouvoir. A la tête de Cuba, Fidel Castro a survécu à 10 présidents et 13 administrations américaines, avant de passer «provisoirement» la main à son frère Raùl, le 31 juillet. Retour en images sur un libérateur devenu tyran, qui figure à lui seul un demi-siècle d'histoire.
Diaporama réalisé par Stéphane Alliès (lefigaro.fr)
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1940 : Né le 13 août 1926 à Biràn, Fidel Castro (à droite) effectue ses études primaires et secondaires chez les Jésuites, au collège Belén de La Havane. Ce fils d’une famille aisée sortira de la faculté en 1950, avec un diplôme de droit. Entre-temps, il épouse Mirta Diaz-Balart, héritière d’une riche famille cubaine. (AFP)
1953 : Après le coup d’Etat du général Batista, Castro (au centre) forme un mouvement armé clandestin. Avec 111 compagnons, il tente de prendre d’assaut la caserne de la Moncada, siège du régime militaire. L’échec est total et les putschistes sont condamnés à 15 ans de prison, puis amnistiés deux ans plus tard, avant de partir en exil aux Etats-Unis. (AFP)
1959 : 83 «compañeros» rentrent clandestinement en 1956. Accueillis par l’armée, ils ne sont plus que douze à se replier dans les montagnes de la Sierra Maestra. Trois ans passent et, le 8 janvier 1959, ce sont 800 hommes qui entrent dans La Havane, désertée par un Batista en fuite. (AFP)
1961 : Trois jours après la proclamation par Castro du «caractère socialiste» de sa révolution, 1.400 hommes soutenus par les Etats-Unis débarquent sur l’île, dans la baie des Cochons, misant sur un soulèvement de la population cubaine. En vain. Le 19 avril, Kennedy retire son soutien à l’opération et Fidel Castro, présent sur le champ de bataille, assoit son régime, qu’il décrète communiste en décembre. (AFP / M. Vinas)
1962 : Du 22 au 28 octobre, Cuba est au centre de la crise des missiles, point culminant de la guerre froide entre les Etats-Unis et l’URSS. A la télévision, Castro menace de pointer des ogives nucléaires soviétiques sur le voisin américain. Finalement la crise se dégonfle, Castro ayant obtenu la garantie de ne plus être attaqué. Mais Cuba subit depuis lors un embargo économique destructeur. (AP)
1967 : La mort d’Ernesto «Che» Guevara sur le sol bolivien marque un tournant dans la carrière politique de Castro. Compagnon de lutte des premiers instants, l’Argentin était le ministre des Finances, mais également l’exportateur de la révolution cubaine. Et surtout un contre-pouvoir à la volonté autoritaire de celui qui devient alors le «Lìder màximo». (AFP / M. Hutten)
1973 : Bien que soutien principal de l’Union soviétique, Castro s’investit dans le mouvement des pays non-alignés, comme ici lors du sommet d’Alger. Cette mobilisation donne au Cubain une tribune à l’Onu, où il siège dans «le groupe des 77». (AFP / N. Bonnet)
1977 : Fidel Castro entretient une relation particulière avec l’URSS et les rencontres entre les dirigeants des deux pays sont nombreuses, comme ici à Moscou (à côté de Leonid Brejnev). Pourtant, le régime castriste survit à l’effondrement du bloc communiste. Tout en s’effritant lentement. (AFP / Tass)
1980 : Après l’occupation de l’ambassade du Pérou, douze dissidents cubains obtiennent l’autorisation de s’exiler aux Etats-Unis. 125.000 suivront durant tout le mois de mai, embarquant du port de Mariel pour rejoindre la Floride. (AP)
1989 : Castro accueille les troupes cubaines de retour d’Angola, où elles avaient été envoyées en 1975 pour soutenir la lutte pour l’indépendance du pays. L’occasion de se débarrasser de leur général, Arnaldo Ochoa. Rival potentiel, il est arrêté pour trafic de drogue et fusillé avec treize de ses compagnons à l’issue d’un procès contesté par la communauté internationale. (AFP / R. Perez)
1994 : Le régime plie mais ne rompt pas. Un an après avoir légalisé le dollar, Castro fait face à la première émeute populaire. Transitant par le camp américain de Guantanamo, 37.000 «balseros» fuient le pays sur des embarcations de fortune («balsa» signifie radeau) et rejoignent la communauté cubaine de Miami, devenu le bastion de la contestation anticastriste. (AP / J. Marquette)
1998 : Fidel Castro est conscient de l’importance de la religion catholique pour les Cubains. Et s’appuie sur elle pour maintenir la popularité d’un régime vacillant. Après une visite au Vatican en 1994, il reçoit Jean-Paul II pour la première fois et regagne ainsi du crédit auprès du peuple. (AP / J. Goitia)
2004 : A la suite d’un discours à Santa Clara, il chute lourdement, se brisant le genou gauche et se fêlant le bras droit. «Je suis encore d’un seul morceau», répliquera-t-il à ceux qui imaginaient déjà sa fin. (APTV)
2006 : Tout au long de son règne, le Lìder màximo a souhaité exporter la révolution cubaine en Amérique du Sud. Du Chili d’Allende au Nicaragua d’Ortega, les contre-révolutions d’influence américaine ont sans cesse mis fin à ses velléités. Avec l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez au Venezuela, puis d’Evo Morales en Bolivie, il joue le rôle de figure tutélaire d’une gauche latine radicale. (AP / J. Galeano)
31 juillet 2006: Le porte-parole du gouvernement cubain interrompt les programmes, pour annoncer l’hospitalisation d’urgence de Fidel Castro, pour subir une opération chirurgicale «complexe» aux intestins. Il doit fêter ses 80 ans le 13 août prochain. (AFP)
Intérim ou succession… Numéro deux destiné depuis trente ans à devenir numéro un, Raùl Castro se voit transmettre «provisoirement» les pleins pouvoirs de son frère. A 75 ans, il a accompagné les pas de Fidel (ici en 1999), depuis le coup d’Etat manqué de 1953 jusqu’à son poste actuel et redouté de ministre de l’armée, en passant par l’aventure de la Sierra Maestra. Mais n'apparaît pas en public depuis l'hospitalisation de son frère. (AFP / A. Roque)
Le 13 août 2006, le jour de ses 80 ans, Castro réapparait... sur Internet. Après deux semaines de spéculations, il se montre sur quatre photos publiées par le quotidien officiel cubain, Juventud Rebelde (Jeunesse rebelle). Et proclame : «Je me sens très heureux». (www.jr.co.cu)
Le 14 août, de nouvelles photos sont publiés à la une de l'organe officiel du régime, Granma. «Une après-midi entre frères», où l'on voit Hugo Chavez offrir des cadeaux à Fidel Castro, aux côtés de Raul. Ce dernier est apparu pour la première fois en public depuis le 31 juillet, pour accueillir à l'aéroport de La Havane le président vénézuélien. Granma
6 juin 2007 : Le "grand retour" de Fidel Castro. Dans sa première interview télévisée depuis son opération, le chef de l'Etat cubain assure qu’il n’y a plus "aucun secret d'Etat" avec sa santé. Visiblement rétabli, il ne fait cependant aucune allusion à un éventuel retour au pouvoir. (AP)

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