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La ''lucha'' des révoltés d’Oaxaca

Publié le 31 octobre 2006
Actualisé le 15 novembre 2006 : 11h28
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Depuis cinq mois, cet Etat du sud du Mexique vit une situation quasi-insurrectionnelle. Près d’une quinzaine de personnes ont été tuées dans des affrontements entre la police locale et des civils. A l’origine du conflit : la lutte («lucha») d’un mouvement populaire qui réclame la revalorisation des salaires des enseignants et le départ du gouverneur de l’Etat.
Diaporama réalisé par Marianne Enault, lefigaro.fr
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Le 22 mai 2006. Les 70.000 instituteurs et professeurs de l’Etat d’Oaxaca, au sud du pays, réclament une revalorisation de leurs salaires et appellent à la grève générale. Leur mot d’ordre : « Lucha, lucha, lucha » (la lutte). Peu à peu, le mouvement de protestation est rejoint par plusieurs organisations sociales. Les grévistes créent l’Assemblée populaire du peuple d’Oaxaca (APPO) et occupent le centre-ville d’Oaxaca. Avec ses 3,6 millions d'habitants, en majorité indigènes, l'Etat d’Oaxaca est le troisième Etat le plus pauvre des 32 Etats mexicains. (AP/M. Ugarte)
Le 14 juin 2006. A l’aube, 2.000 policiers lancent une opération visant à déloger les manifestants qui campent sur la place principale. Selon les syndicats, quatre personnes sont tuées lors de cette violente répression. Un bilan démenti par le ministre mexicain de l’Intérieur, qui fait état de dizaines de blessés. (AFP/D.Nolasco)
22 Août 2006. Des hommes armés tuent un manifestant. Les grévistes accusent les hommes du gouverneur de l’Etat, Ulises Ruiz, et demandent sa démission. Le mouvement de protestation se durcit : les principales avenues de la ville sont bloquées par une cinquantaine de barrages et les manifestants occupent des stations de radio et de télévision. (AP/E.Verdugo)
Ulises Ruiz. Elu gouverneur pour six ans en 2004 après un scrutin controversé, Ulises Ruiz est désormais au centre de la crise d’Oaxaca. Pour les grévistes, il incarne la vieille garde politique du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), qui a gouverné le Mexique pendant 71 ans, corrompue, violente et autoritaire. (AP/M.Ugarte)
31 août 2006. Le département d’Etat américain met en garde ses ressortissants sur les risques d’un déplacement dans l’Etat d’Oaxaca. La grève des enseignants pèse lourdement sur le tourisme : les patrons d’hôtels et de restaurants annoncent des pertes s’élevant à 365 millions de dollars depuis le mois de mai. (AP/M.Ugarte)
5 octobre 2006. Pour la première fois depuis le début de la grève, les manifestants et le gouvernement se retrouvent au ministère de l’Intérieur, à Mexico. Le président mexicain, Vicente Fox, affirme que son gouvernement « épuisera tous les recours » pour trouver une solution négociée et précise qu'il agira « avec fermeté et prudence » pour faire respecter la loi. Le même jour, des renforts de l’armée et de la police sont envoyés dans l’Etat d’Oaxaca. (AP/J.Juinen)
10 octobre 2006. Les instituteurs et les organisations sociales rejettent le plan du gouvernement, qui prévoyait une levée du blocus et le déploiement de policiers fédéraux dans la ville. Le même jour, des milliers de Mexicains issus du mouvement de protestation arrivent aux abords de la capitale pour faire entendre leurs revendications. Des centaines d’enseignants entament une grève de la faim. (AP/G.Arias)
28 octobre 2006. Trois personnes, dont un journaliste américain (ici sur la photo), sont tuées lors de violents affrontements entre manifestants et policiers locaux. Le ministère de l'Intérieur adresse un ultimatum aux manifestants, pour qu'ils lèvent leurs barricades dans la journée et précise que Vicente Fox a ordonné la mobilisation de la police nationale. Mais l’APPO refuse de lever le blocus. (AFP/O.Estevez)
29 octobre 2006. Des unités de la police anti-émeute, appuyées par des véhicules blindés et des hélicoptères, prennent le contrôle d'Oaxaca. Le campement des manifestants est démonté. Un manifestant est tué par des tirs au cours de l’opération. Peu après, les 70.000 enseignants votent la reprise du travail à partir du 30 octobre. Pendant cinq mois, la grève a privé d’école 1,3 million d’élèves. (AP/E.Verguro)
30 octobre 2006. De nouveaux affrontements opposent les forces de l’ordre aux manifestants. A Mexico, la Chambre des députés vote massivement une motion demandant au gouverneur Ruiz de démissionner pour permettre le retour au calme. Le Sénat, qui a le pouvoir de démettre un gouverneur, demande également à Ulises Ruiz de démissionner. Une demande rejetée par le gouverneur. Au total, une quinzaine de personnes ont été tuées depuis le 22 mai. (AP/G.Arias)
6 novembre 2006. Les mains peintes en rouge pour dénoncer les violences policières, les manifestants défilent pacifiquement pour réclamer le départ du gouverneur de l’Etat, toujours sur la sellette. Des dizaines de personnes ont été blessées ces derniers jours lors de violents affrontements avec la police. « Nous continuerons jusqu'à la victoire, jusqu'à ce que nous ayons un Oaxaca plus juste et plus démocratique », a déclaré l’un des leaders du mouvement populaire. (AFP/M.Castillo)
Le 11 novembre 2006. Des dizaines d’Indiens mayas, originaires du Chiapas, état voisin d’Oaxaca et chef-lieu de la rébellion zapatiste dirigée par le sous-commandant Marcos, sont venus apporter leur soutien aux manifestants d’Oaxaca. Le gouverneur de l’Etat s’est réfugié à Mexico. (AFP/J-C Reyes)

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