Israël entend mener des «opérations prolongées» dans la bande de Gaza

lefigaro.fr (avec AFP et Reuters).
 Publié le 05 juillet 2006
Actualisé le 05 juillet 2006 : 19h52
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(photo AFP)

Dans la matinée, le cabinet de sécurité israélien avait autorisé l’armée à s’introduire plus loin dans les Territoires. Objectif: faire cesser les tirs de roquettes des militants palestiniens.

 
« Une action prolongée et graduelle ». Mercredi matin, le cabinet de sécurité israélien, réuni en urgence après le tir d’une roquette palestinienne contre la ville d’Ashkelon, s’est prononcé pour la poursuite de l’opération « Pluie d’été » dans la bande de Gaza. Cette offensive, lancée le 28 juin, a pour but de récupérer le caporal Gilad Shalit, enlevé par des activistes palestiniens le 25 juin dernier. Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, qui cite des négociateurs arabes, le soldat serait gardé par sept hommes armés dans un bunker situé quelque part dans la bande de Gaza, avec un stock de vivres.
 
La roquette Qassam, tirée depuis la bande de Gaza, a chuté 12 kilomètres plus loin dans une cour d'école du centre de cette ville côtière de 115.000 habitants. Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche militaire du Hamas, ont revendiqué le tir. « Nous avertissons de nouveau l'ennemi que tout crime qu'il commettrait dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie lui entraînera des malheurs », affirment les Brigades.
 
L’armée israélienne devra, entre autres, « limiter la liberté de mouvement » des groupes armés tout en « continuant à tronçonner la bande de Bande de Gaza et en frappant les infrastructures terroristes », précise un communiqué de la présidence du Conseil israélienne. Le cabinet a par ailleurs autorisé la poursuite des « opérations ciblées » contre les tireurs de roquettes et l'intensification de la campagne contre le mouvement islamiste Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. Interrogé à la radio militaire israélienne, le ministre travailliste des Infrastructures a préconisé « de lancer des opérations systématiques de liquidations des chefs terroristes ». « C'est seulement ainsi qu'ils comprendront que ces tirs ne peuvent pas continuer », a-t-il ajouté.
 
 
Zone de sécurité ?
 
 
Selon un ministre présent lors de la réunion, il a également été décidé d'établir une zone de sécurité élargie dans le nord de la bande de Gaza. Des forces terrestres devraient opérer de façon continue dans cette zone, soumise à des tirs intensifs d'artillerie et sous observation constante de l'armée de l'air. De même source, l'armée aurait reçu l'autorisation d'encercler Beit Hanoun et Beit Lahiya afin de créer un couloir coupant ces localités de la ville de Gaza en cas de nécessité.
 
Cette décision pourrait engendrer la réoccupation partielle par l’Etat hébreu de la région dont il s’est retiré en septembre 2005. L’un des membres du cabinet a toutefois démenti une telle éventualité.
 
Mardi soir, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait annoncé que le tir de roquette aurait « des conséquences exceptionnelles ». « L'organisation du Hamas sera la première à les ressentir », avait-il ajouté. « C’est un événement très grave, qui constitue une escalade d'une gravité sans précédent dans le terrorisme du Hamas, qui dirige l'Autorité palestinienne », avait-il ajouté. Selon son bureau, le ministre de la Défense, Amir Peretz, a ordonné mardi soir à l'armée de tout faire pour empêcher ces tirs.
 
Le négociateur palestinien en chef, Saëb Erakat, a dénoncé les décisions annoncées par Israël estimant qu'elles ne « seront que contribuer à l'escalade ». « Israël se sert des derniers événements comme prétexte pour imposer des faits accomplis. Une zone de sécurité ne résoudra pas le problème mais au contraire contribuera à davantage d'escalade et de complications », a t-il déclaré.
 
 
Un militant palestinien tué en Cisjordanie
 
 
Sur le terrain, l’opération militaire se poursuit. En Cisjordanie, Mahmoud Chahine, 37 ans, membre des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, a été abattu par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés d’Ein Al-Sultan, près de Jéricho dans l'est de la Cisjordanie. Les militaires avaient encerclé la maison du militant, quand celui-ci a tenté de s’enfuir. L'homme, chez qui un obus de mortier a été trouvé mais qui n'était pas armé lorsqu’il a été tué, était recherché pour son implication dans la mort de deux civils israéliens en 2000.
 
Des affrontements ont également éclaté entre des activistes palestiniens et les forces israéliennes, près de Beit Hanoun. Les activistes ont tiré au moins deux roquettes anti-char contre un tank israélien. Des jeunes Palestiniens ont lancé de leur côté des pierres sur les forces israéliennes qui ont fait irruption dans des habitations.
 
L’armée israélienne annonce également avoir arrêté un activiste qui s’apprêtait à perpétrer un attentat suicide. Selon des sources palestiniennes, le Palestinien arrêté est Ahmad Salim Zyoud, un activiste du Djihad islamique âgé de 17 ans.
 
Par ailleurs, une explosion a eu lieu dans un atelier sidérurgique à Gaza. Deux militants du Hamas ont été tués. Des témoins ont évoqué un raid aérien mené par Israël, mais l'Etat hébreu a rapidement nié toute implication, et un officiel palestinien attribue le sinistre à une mauvaise manipulation d'explosifs.
 
 
Trois raids en une nuit
 
 
Dans la nuit de mardi à mercredi, l’armée israélienne a bombardé tour à tour le ministère palestinien de l’Intérieur à Gaza, un camp d’entraînement du Hamas à Rafah, une école privée du Hamas située dans le nord de Gaza.
 
De source sécuritaire palestinienne, le bombardement du bâtiment abritant le siège du ministère de l’Intérieur a détruit en grande partie cet édifice de cinq étages et endommagé des appartements adjacents, d'où des médecins ont évacué vers un hôpital des enfants en état de choc. De source médicale, quatre personnes ont été blessées. Des appareils israéliens avaient déjà frappé la même cible le 30 juin.
 
Une source sécuritaire palestinienne a par ailleurs fait état d'une opération durant laquelle des soldats israéliens, venus à bord d'une quinzaine de jeeps, ont entouré un bâtiment où réside le président du Conseil législatif palestinien – le Parlement -, Aziz Dweik, à Ramallah, en Cisjordanie.
 

Dans la matinée, le cabinet de sécurité israélien avait autorisé l’armée à s’introduire plus loin dans les Territoires. Objectif: faire cesser les tirs de roquettes des militants palestiniens.

 
« Une action prolongée et graduelle ». Mercredi matin, le cabinet de sécurité israélien, réuni en urgence après le tir d’une roquette palestinienne contre la ville d’Ashkelon, s’est prononcé pour la poursuite de l’opération « Pluie d’été » dans la bande de Gaza. Cette offensive, lancée le 28 juin, a pour but de récupérer le caporal Gilad Shalit, enlevé par des activistes palestiniens le 25 juin dernier. Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, qui cite des négociateurs arabes, le soldat serait gardé par sept hommes armés dans un bunker situé quelque part dans la bande de Gaza, avec un stock de vivres.
 
La roquette Qassam, tirée depuis la bande de Gaza, a chuté 12 kilomètres plus loin dans une cour d'école du centre de cette ville côtière de 115.000 habitants. Les Brigades Ezzedine Al-Qassam, branche militaire du Hamas, ont revendiqué le tir. « Nous avertissons de nouveau l'ennemi que tout crime qu'il commettrait dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie lui entraînera des malheurs », affirment les Brigades.
 
L’armée israélienne devra, entre autres, « limiter la liberté de mouvement » des groupes armés tout en « continuant à tronçonner la bande de Bande de Gaza et en frappant les infrastructures terroristes », précise un communiqué de la présidence du Conseil israélienne. Le cabinet a par ailleurs autorisé la poursuite des « opérations ciblées » contre les tireurs de roquettes et l'intensification de la campagne contre le mouvement islamiste Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. Interrogé à la radio militaire israélienne, le ministre travailliste des Infrastructures a préconisé « de lancer des opérations systématiques de liquidations des chefs terroristes ». « C'est seulement ainsi qu'ils comprendront que ces tirs ne peuvent pas continuer », a-t-il ajouté.
 
 
Zone de sécurité ?
 
 
Selon un ministre présent lors de la réunion, il a également été décidé d'établir une zone de sécurité élargie dans le nord de la bande de Gaza. Des forces terrestres devraient opérer de façon continue dans cette zone, soumise à des tirs intensifs d'artillerie et sous observation constante de l'armée de l'air. De même source, l'armée aurait reçu l'autorisation d'encercler Beit Hanoun et Beit Lahiya afin de créer un couloir coupant ces localités de la ville de Gaza en cas de nécessité.
 
Cette décision pourrait engendrer la réoccupation partielle par l’Etat hébreu de la région dont il s’est retiré en septembre 2005. L’un des membres du cabinet a toutefois démenti une telle éventualité.
 
Mardi soir, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait annoncé que le tir de roquette aurait « des conséquences exceptionnelles ». « L'organisation du Hamas sera la première à les ressentir », avait-il ajouté. « C’est un événement très grave, qui constitue une escalade d'une gravité sans précédent dans le terrorisme du Hamas, qui dirige l'Autorité palestinienne », avait-il ajouté. Selon son bureau, le ministre de la Défense, Amir Peretz, a ordonné mardi soir à l'armée de tout faire pour empêcher ces tirs.
 
Le négociateur palestinien en chef, Saëb Erakat, a dénoncé les décisions annoncées par Israël estimant qu'elles ne « seront que contribuer à l'escalade ». « Israël se sert des derniers événements comme prétexte pour imposer des faits accomplis. Une zone de sécurité ne résoudra pas le problème mais au contraire contribuera à davantage d'escalade et de complications », a t-il déclaré.
 
 
Un militant palestinien tué en Cisjordanie
 
 
Sur le terrain, l’opération militaire se poursuit. En Cisjordanie, Mahmoud Chahine, 37 ans, membre des Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, a été abattu par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés d’Ein Al-Sultan, près de Jéricho dans l'est de la Cisjordanie. Les militaires avaient encerclé la maison du militant, quand celui-ci a tenté de s’enfuir. L'homme, chez qui un obus de mortier a été trouvé mais qui n'était pas armé lorsqu’il a été tué, était recherché pour son implication dans la mort de deux civils israéliens en 2000.
 
Des affrontements ont également éclaté entre des activistes palestiniens et les forces israéliennes, près de Beit Hanoun. Les activistes ont tiré au moins deux roquettes anti-char contre un tank israélien. Des jeunes Palestiniens ont lancé de leur côté des pierres sur les forces israéliennes qui ont fait irruption dans des habitations.
 
L’armée israélienne annonce également avoir arrêté un activiste qui s’apprêtait à perpétrer un attentat suicide. Selon des sources palestiniennes, le Palestinien arrêté est Ahmad Salim Zyoud, un activiste du Djihad islamique âgé de 17 ans.
 
Par ailleurs, une explosion a eu lieu dans un atelier sidérurgique à Gaza. Deux militants du Hamas ont été tués. Des témoins ont évoqué un raid aérien mené par Israël, mais l'Etat hébreu a rapidement nié toute implication, et un officiel palestinien attribue le sinistre à une mauvaise manipulation d'explosifs.
 
 
Trois raids en une nuit
 
 
Dans la nuit de mardi à mercredi, l’armée israélienne a bombardé tour à tour le ministère palestinien de l’Intérieur à Gaza, un camp d’entraînement du Hamas à Rafah, une école privée du Hamas située dans le nord de Gaza.
 
De source sécuritaire palestinienne, le bombardement du bâtiment abritant le siège du ministère de l’Intérieur a détruit en grande partie cet édifice de cinq étages et endommagé des appartements adjacents, d'où des médecins ont évacué vers un hôpital des enfants en état de choc. De source médicale, quatre personnes ont été blessées. Des appareils israéliens avaient déjà frappé la même cible le 30 juin.
 
Une source sécuritaire palestinienne a par ailleurs fait état d'une opération durant laquelle des soldats israéliens, venus à bord d'une quinzaine de jeeps, ont entouré un bâtiment où réside le président du Conseil législatif palestinien – le Parlement -, Aziz Dweik, à Ramallah, en Cisjordanie.
 

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