Roger Federer remporte son quatrième Wimbledon
Bastien Aubert, Sport24.com
15/10/2007 | Mise à jour : 16:22 |
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Le suspense n’en sortira pas grandi. Mais qu’importe, les faits sont là. A peine un mois après s’être quittés Porte d’Auteuil, Rafael Nadal et Roger Federer se retrouvaient, ce dimanche, sur le Centre Court de Wimbledon pour disputer la finale. Et il y a fort à parier que cette affiche hispano-suisse sera encore la même dans les années à venir. Avant de songer au futur, les deux hommes avaient déjà marqué l’histoire. En effet, depuis 1952, aucune finale des Grands Chelems parisien et londonien n’avait réuni les deux mêmes protagonistes la même année ! Pour leur 8e confrontation directe, secteur où l’Ibère mène largement 6 à 1, ce dernier allait donc tenter de mettre fin à la série de 47 victoires consécutives sur herbe de son adversaire.
Touché…
Son entame de match ne laissait pourtant rien augurer de bon, à cause de la pression sans doute. On peut le comprendre, étant donné que son vis-à-vis, triple tenant du titre, était tout bonnement le maître des lieux. Après avoir inscrit une double faute, il se mettait en mauvaise posture et concédait un break sur un coup droit long de ligne de folie de Federer. Le match était déjà lancé, les deux joueurs se rendant coup pour coup. Et à ce petit jeu, le Suisse n’a pas d’égal sur la surface. Non content d’avoir déjà pris un ascendant, il en remettait une couche en claquant deux aces consécutifs (3/0). Impressionnant, l’Helvète continuait son petit bonhomme de chemin et s’emparait une nouvelle fois du bien adverse avant de dérouler avec une paire de services slicés. Après avoir sauvé deux balles de set, le n°2 mondial s’avouait vaincu en 25 petites minutes de jeu, (6/0) ! Cette première manche faisait vaguement penser au set inaugural de la finale des Internationaux de France, où le meilleur joueur du monde avait complètement étouffé le Majorquin en début de match.
…mais loin d’être coulé
Et comme il y a un mois, le «Taurillon» de Manacor n’était pas le moins du monde assommé. Peut-être trop serein, Federer se laissait endormir par son jeu de fond de court et devenait le premier joueur à prendre l’engagement du Bâlois depuis le début du tournoi ! Conforté par cette stat’, Nadal inscrivait un jeu blanc dans la foulée et la partie semblait avoir tourné (2/0). Nadal amenait Federer dans une filière qui lui convenait parfaitement, à savoir des longs rallyes en fond de court qu’il maîtrisait bien mieux qu’en début de match (3/1). Impeccable sur son service, avec 8 aces, Federer était inoffensif sur celui de son adversaire. Résultat, l’Ibère enfilait les jeux comme des perles avant de jouer petits bras au moment de conclure (5/5). Le Suisse n’en demandait pas tant et profitait de l’aubaine pour enfoncer le clou sur un jeu blanc. Ce qu’il craignait certainement allait alors se produire puisque les deux joueurs en arrivaient au jeu décisif. Toujours très solide dans cet exercice, le Suisse avait bien du mal à confirmer ce statut mais finissait mieux que son opposant, qui se loupait sur trois coups droits à sa portée (7/6, 7 points à 5).
Federer en patron
Mais encore une fois, l’Espagnol ne semblait pas heurté par cette cruelle perte. Après avoir bouclé un jeu blanc, il inquiétait son meilleur ennemi sur sa mise en jeu pour la simple et bonne raison qu’il venait cueillir ses points au filet. Cette tactique avait mis la puce à l’oreille du Bâlois. Celui-ci tentait, lui aussi, d’avancer dans le court et se faisait respecter (2/2). Toutefois, il devait s’employer pour sortir une grosse première balle sur une balle de break (3/3). Le match atteignait alors des sommets. Les deux joueurs attaquaient des quatre coins du court et prenaient des risques inconsidérés, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Et pour les régaler un peu plus, les deux protagonistes leur offraient un nouveau jeu décisif. Le premier point était de toute beauté. Après des briques distillées de part et d’autre, Nadal amenait Federer vers le filet. Celui-ci claquait une volée mais l’Espagnol restait du bon côté et le clouait sur un passing de revers croisé, la «spécial Nadal». Quelques minutes plus tard, il lâchait un retour de coup droit de feu pour s’offrir trois balles de set. Une manche qu’il s’adjugeait le plus logiquement du monde sur sa première opportunité (7/6, 7 points à 2).
Le 4e acte repartait sur un rythme un peu moins soutenu. Une cadence qui fait d’habitude le jeu de l’Espagnol, qui se plait à ralentir le cours d’un match. Il faut croire que ce dimanche n’était pas sa journée puisqu’il se loupait complètement sur un smash facile pour laisser son adversaire s’envoler dangereusement à la marque (4/1). Pour la première fois depuis longtemps, le natif de Manacor semblait même donner des signes de faiblesse ! Il craquait à nouveau sur sa mise en jeu et voyait l’Helvète remporter un nouveau titre au All England Club, (6/0 7/6 6/7 6/3), son 4e à Wimbledon et son 8e en Grand Chelem. Tout comme Andre Agassi, Jimmy Connors, Ivan Lendl ou encore Fred Perry. La grande classe.
Résultat de la finale :
Federer (Sui, 1) – Nadal (Esp, 2) 6/0 7/6 6/7 6/3
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