Officiellement, en l'absence du chef du gouvernement, le pouvoir revient pourtant au vice-premier ministre, John Prescott. Mais celui-ci est complètement discrédité. Une série de miniscandales, à commencer par une affaire avec sa secrétaire, ont fait de lui un animal politique blessé. Lors du remaniement ministériel de mai, il a conservé son titre mais a perdu son portefeuille.
John Reid se défend cependant d'en profiter : «Le ministre de l'Intérieur est en charge de la sécurité. Il est normal que je préside les réunions Cobra liées à ce sujet.» Mais le ministre de l'Intérieur a su s'imposer. «C'est un homme qui a une autorité naturelle, que ce soit physiquement ou par le choix de ses mots», note le commentateur politique Oliver Roy.
Un excellent successeur de Tony Blair
John Reid est l'homme des situations de crise. En mai dernier, quand le ministère de l'Intérieur était secoué par des crises successives, c'est lui que Tony Blair a appelé à la rescousse. Auparavant, il avait été chargé successivement du ministère à l'Irlande du Nord, de la présidence du Parti travailliste et du ministère de la Défense.
Écossais, âgé de 59 ans, Reid a également tiré parti du relatif silence observé depuis une semaine par la police, qui tire sans doute les leçons des attentats du 7 juillet 2005 à Londres. À l'époque, Ian Blair, le chef de la police, avait multiplié les déclarations publiques. Mais il a perdu une partie de son autorité après que ses hommes ont abattu Jean Charles de Menezes, un Brésilien pris par erreur pour un kamikaze. Ian Blair avait déclaré à l'époque que l'homme était lié à l'opération antiterroriste. Cette fois-ci, la police s'est très peu exprimée, ne révélant pratiquement aucun détail des opérations.
Tony Blair, qui venait de partir en vacances après les avoir retardées pour cause de crise au Liban, a décidé de ne pas revenir à Downing Street. Tout cela permet à John Reid d'apparaître comme l'homme qui monte sur la scène politique. À tel point que certains commencent à murmurer qu'il pourrait être un excellent successeur de Blair. Mais ce scénario reste encore très improbable, le ministre de l'Économie, Gordon Brown, restant de très loin le favori pour prendre la suite, si les travaillistes restent au pouvoir.
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