« Les faits ont été commis au Tchad. C’est pourquoi ces bandits doivent être jugés et condamnés ici. » Le message du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique du Tchad, Ahmat Mahamat Bachir est clair. Dans le Parisien de mardi, il s’exprime avec virulence pour demander à ce que les Français membres de l’Arche de Zoé, inculpés, soient jugés dans son pays. « Le contraire serait une insulte pour le peuple tchadien », insiste-t-il.
Jugés au Tchad mais aussi emprisonnés dans le même pays : «Ils doivent aussi purger leur peine dans le pays : qu’ils goûtent à nos prison ! » lance-t-il. Pour lui, discuter l’idée de juger les Français par la justice tchadienne constitue une remise en cause des compétences de celle-ci. Quand nos délinquants se font arrêter chez vous, ils ne sont pas amenés ici », ajoute-t-il.
Au sujet des manifestations anti-françaises qui se sont déroulées au Tchad, le ministre les juge « légitimes ». « Tout le monde a été très choqué qu’un organisme soi-disant humanitaire tente d’enlever nos enfants. La population est très en colère » déclare-t-il.
Si l’enquête établit des complicités extérieures, notamment en France, Ahmat Mahamat Bachir affirme qu’ils « réclameront toutes les personnes impliquées, qu’elles soient en France ou ailleurs. » Enfin, pour éviter d’autres affaires de ce type, le ministre affirme vouloir « renforcer les contrôles » des organisations humanitaires, en leur demandant désormais un « rapport d’activité mensuel détaillé ».
Dimanche, Nicolas Sarkozy, tout en se désolidarisant de l’opération de l’association, a souhaité que les ressortissants français soient jugés en France. Mais il n’y a pas, pour l’instant, de demande officielle d’extradition. Des accords conclus en le Tchad et la France en 1976 prévoient que les Français puissent être jugés en France, à condition d’être inculpés en France. Ce n’est pas encore le cas, même si une information judiciaire visant les activités de l’Arche de Zoé a été ouverte le 24 octobre.