Après avoir hésité sur la nature de cette commission, le premier ministre israélien a finalement voulu lui conférer de larges pouvoirs.
Après avoir hésité sur la nature de cette commission, le premier ministre israélien a finalement voulu lui conférer de larges pouvoirs.
Soumis à la pression de l'opinion publique israélienne, le gouvernement d'Ehoud Olmert a voté dimanche la création d'une commission d'enquête gouvernementale. Elle devra se pencher sur les ratés de la récente guerre au Liban : malgré des milliers de raids aériens, des tirs massifs d'artillerie ainsi qu'une opération terrestre d'envergure, l'armée israélienne n'est en effet pas parvenue à empêcher les tirs de roquettes du Hezbollah, ni à obtenir la libération de deux soldats israéliens, enlevés le 12 juillet par la milice chiite libanaise. La guerre, qui a fait rage de la mi-juillet à la mi-août, a fait 162 tués dans les rangs israéliens, dont 41 civils. Vingt ministres ont voté en faveur et deux s'y sont opposés. «J'espère beaucoup que cette commission achèvera le plus rapidement possible son travail et aidera l'Etat d'Israël à faire face aux défis qui nous attendent», a appelé de ses vœux le premier ministre. Des membre nommés par la Cour suprême Ces dernières semaines, des dizaines de milliers de manifestants, notamment parmi des militaires de réserve ayant servi au Liban, ont exigé la constitution d'une commission d'enquête d'Etat. Selon eux, seule une telle instance serait en mesure de statuer de façon indépendante vis-à-vis du pouvoir politique et de l'état-major, dans la mesure où c'est la Cour suprême, la plus haute instance juridique du pays, qui en nomme les membres. La commission d'enquête gouvernementale sera présidée par le juge à la retraite Elyahu Winograd, deux anciens généraux Menahem Einan et Haïm Nadal, la juriste Ruth Gavison et le professeur de sciences politiques Yehezkel Dror. Ils auront le pouvoir d'accorder l'immunité aux témoins appelés à déposer. Officiellement, l’instance sera chargée notamment de présenter des recommandations destinées à améliorer le processus de prise de décision en cas de futur conflit. Ses investigations pourront remonter jusqu'au retrait unilatéral de l'armée israélienne du sud du Liban en mai 2000, après 18 ans de guerre et d'occupation.