• Le PS dit ''oui'' au minitraité européen

    Le bureau national a approuvé majoritairement mardi soir le texte du traité de Lisbonne.

    LE PS a fait son choix. Le bureau national, qui se réunissait mardi soir pour arrêter sa position sur la ratification du traité de Lisbonne, a décidé de voter majoritairement pour le texte. François Hollande voulait à tout prix éviter une répétition du scénario catastrophe de 2005, quand le parti s'était déchiré sur la Constitution européenne. Le premier secrétaire refuse de faire à Nicolas Sarkozy et à la droite le cadeau de la division à l'approche des municipales. Il voulait donc tenter d'amener les socialistes à adopter une position, si ce n'est commune, du moins majoritaire.
    Pour tenter de déminer le terrain, la direction du PS a pris le pouls des différentes sensibilités afin de se prémunir contre « les crispations ». Car entre Jean-Luc Mélenchon, farouche avocat du non, Laurent Fabius qui exige un référendum, Henri Emmanuelli qui prône la non-participation au vote, et le bloc composite des partisans du oui, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, les strauss-kahniens, les rénovateurs et François Hollande lui-même, on trouve de tout, rue de Solferino.
    « Nous avons comme souci d'éviter que le PS se divise à nouveau profondément », avait expliqué hier Stéphane Le Foll au cours d'un point de presse. Bras droit de Hollande, il a tracé le cadre, sans préjuger des discussions du BN. Le PS, a-t-il dit, devra d'abord se prononcer sur la question essentielle, le traité lui-même. « Il semble assez clair qu'une majorité pourra se dégager sur le oui au traité », a pronostiqué le député européen, qui souhaite que le PS délivre « un message clair ».
    S'agissant de la procédure de ratification et d'une éventuelle révision constitutionnelle préalable, Hollande aimerait se donner du temps. D'abord, c'est le Conseil constitutionnel qui dira, après la signature du traité en décembre, si une révision de la Constitution est nécessaire. Si elle l'est, « il faudra voir si le gouvernement y rajoute des zakouski », explique Le Foll. Pourquoi trancher tout de suite une question alors qu'on ne sait pas sous quelle forme elle sera posée ? Le PS pourrait ensuite se retrouver sur une non-participation au Congrès du Parlement chargé de réviser la Constitution. Cela permettrait d'exprimer un désaccord sur le choix de la voie parlementaire plutôt que référendaire. Sans pour autant bloquer l'adoption ultérieure du traité.
    Sur le site Internet de Désirs d'avenir, Ségolène Royal explique que si elle a renoncé à demander un référendum c'est parce que le traité n'est qu'« une sorte de règlement intérieur » de l'UE qui « ne mérite pas un référendum ». Dans le contexte économique et social, ajoute-t-elle, « une telle consultation serait perçue comme décalée ».
    « Compromis inaudibles »
    À l'opposé, Laurent Fabius exige toujours un référendum, puisque c'est par référendum que les Français ont rejeté la Constitution européenne. Hier, dans les colonnes du Figaro, le fabiusien Guillaume Bachelay et l'emmanuelliste Pascal Cherki ont défendu ce point de vue : « Le 29 mai 2005, le peuple français s'est prononcé ; lui seul peut légitimement réexaminer sa position. » « Les parlementaires ne doivent pas prêter la main à une confiscation de la souveraineté populaire », écrivent-ils, en appelant les socialistes à prendre « la seule décision qui s'impose : le boycott, autrement dit la non-participation à ce qui serait une parodie de ratification ».
    Mais le rapport de forces ne joue pas en faveur de l'ex-premier ministre. « Disons-le clairement : s'abstenir ou refuser de participer au vote sur la ratification du traité de Lisbonne, ce serait faire le choix de pérenniser, en notre sein, la pratique des compromis inaudibles dans le débat public et inefficaces à éviter les divisions », répondent, dans Libération, douze élus PS ayant voté non en 2005 et aujourd'hui passés dans le camp du oui. Les signataires, parmi lesquels Vincent Peillon, qui fut le cofondateur du courant NPS, et David Assouline, proche de Ségolène Royal, préviennent : « Si le traité de Lisbonne n'est pas adopté, nous en resterons à Nice, et pour longtemps. »
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