Le passage prévu de 40 à 41 années de cotisation réduira un peu plus les futures retraites des Français, s'ils ne veulent pas ou ne peuvent pas travailler plus longtemps. Beaucoup en ont déjà tiré les conclusions. Selon le baromètre 2008 du Club de l'épargne salariale, les salariés pensent désormais prendre leur retraite à 61,8 ans, plus d'un an après l'âge légal.
Mais beaucoup comptent aussi sur leur entreprise pour les aider à épargner et à compléter, le moment venu, leur retraite. Les employeurs qui rejettent tout alourdissement de charges sociales pour financer les régimes obligatoires accéderont-ils au souhait de leurs collaborateurs ?
«Les directions des ressources humaines (DRH) sont conscientes du rôle qu'elles ont à jouer dans le domaine de la retraite. Mais elles ont en face d'elles des directions générales qui ne sont pas encore assez convaincues du rôle de l'entreprise sur cette question», note Frédéric Chassagne, directeur conseil du planning stratégique chez TNS Sofres, qui a réalisé une étude sur le sujet pour Fidelity. Dans la hiérarchie des préoccupations de ces services, la retraite arrive à l'avant-dernière place, après la formation, le recrutement, la santé, la fidélisation et la gestion des carrières.
L'entreprise est en effet invitée à effectuer des versements à leur côté sur le plan, dans des conditions fiscales attractives. L'épargne ainsi accumulée est bloquée jusqu'à la retraite, mais le salarié peut la retirer plus tôt dans certains cas, par exemple pour financer l'achat de sa résidence principale. Enfin, lorsqu'il prend sa retraite, il a le choix entre puiser dans son plan en franchise d'impôt ou le convertir en rente viagère.
Mais, pour certains professionnels, les entreprises vont devoir se soucier davantage des vieux jours de leurs collaborateurs. «L'épargne retraite fera bientôt partie de la négociation sur la rémunération globale, et sera de plus en plus un élément d'attractivité de l'entreprise », estime Jean-Éric Mercier, président de Fidelity en France.
La société de gestion se lance d'ailleurs sur ce marché en proposant aux entreprises un Perco dont elle assure la gestion. Un important effort d'information reste toutefois à faire. Car les salariés, comme les entreprises, connaissent encore mal le Perco.
LIRE AUSSI
» DOSSIER - Retraite : les clés pour la compléter
» PRATIQUE - Evaluer votre pension de retraite
En savoir plus
À la une
Avec l'allongement de la durée de vie, les besoins en logements pour personnes âgées dépendantes se font plus criants. Une piste intéressante pour l'investisseur.