Dans les faits, sous réserve d'avoir 60 ans et «tous ses trimestres», l'abattement n'est pas appliqué, le financement étant assuré par le fonds paritaire (syndicats-patronat) AGFF. Problème : l'accord régissant ce fonds expire le 31 décembre. D'où l'anxiété de salariés en fin de carrière, entretenue par certains forums Internet, qui se demandent s'ils doivent partir avant janvier.
La menace semble assez théorique. «Ça se passe comme cela à chaque fois, raconte Jean-Louis Deroussen, président (CFTC) de l'AGFF. On trouve toujours une solution. Fin 2000, la rupture des négociations n'avait finalement eu qu'une conséquence : priver l'Agirc et l'Arrco de trois mois de cotisations !» Les choses pourraient-elles être plus compliquées cette fois, le Medef plaidant pour reporter à 61 ou 62 ans l'âge de la retraite ? Difficile d'imaginer qu'il s'attarde sur cette idée, que le gouvernement a écartée fermement.
Il n'empêche, les syndicats ont demandé au patronat d'aborder rapidement la question, pour répondre aux inquiétudes. Un rendez-vous devrait avoir lieu avant le 14 juillet (le 8 tient la corde). L'idée serait de prolonger de quelques mois le fonctionnement actuel de l'AGFF et de l'Agirc-Arrco. Car il est peu envisageable de lancer des négociations de fond sur l'avenir de ces régimes tant que tous les paramètres de la réforme du régime de base ne seront pas connus. Et tant que les prud'homales du 3 décembre, qui verront les syndicats s'affronter entre eux, ne seront pas passées.
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