• Les Français opposés au travail jusqu'à 70 ans

    Guirec Gombert
    10/11/2008 | Mise à jour : 14:32
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    Pour 66% d'entre eux, la réforme qui repousse la limite maximale du travail à 70 ans, constitue à terme une remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite.

    Les Français ne veulent pas travailler au-delà de 65 ans. Alors que l'amendement pour repousser l'âge légal de la retraite jusqu'à 70 ans, voté au début du mois par le Parlement, doit être examiné mercredi par le Sénat, 66% des Français se disent opposés à cette réforme. Ils jugent qu'allonger la durée du travail est «plutôt une mauvaise chose, parce que cela entraînera à terme la remise en cause de l'âge légal de départ à la retraite», selon un sondage CSA-Le Parisien paru lundi. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s'est pourtant défendu de vouloir repousser l'âge légal du départ à la retraite. Il a ainsi rappelé à plusieurs reprises que cette limite restait fixée à 60 ans, dès lors que les salariés ont cotisé 41 ans. «C'est mis noir sur blanc dans le texte adopté vendredi soir [au Parlement]», a-t-il insisté lundi 3 novembre au micro de RTL. Seuls 31% des personnes interrogées estiment cependant que la mesure est «plutôt une bonne chose, parce que cela permet aux personnes qui le souhaitent de travailler après 65 ans et d'augmenter leurs revenus.»

    Un an plus tôt, souligne «Le Parisien», 63% des Français se disaient pourtant prêts à travailler au-delà de 65 ans, selon un sondage du même institut CSA. Ce revirement s'expliquerait par le «chiffre de 70 ans » qui joue «comme repoussoir », selon Jean-Daniel Levy, directeur adjoint du CSA. Pour ce dernier, cela «renforce l'inquiétude des Français vis-à-vis de la pérennité des retraites.»

    Opposition des patrons de PME

    Une crainte vivement exprimée par les syndicats la semaine passée. Selon la CGT, «de moins en moins de salariés» bénéficieront d'une «retraite suffisante à 65 ans, ils devront chercher à poursuivre leur travail, voire cumuler retraite et emploi.» Un point de vue partagé par François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT. «Pour les personnes qui auront eu des carrières morcelées, les femmes qui se seront arrêtées et se retrouveront avec une petite retraite, de quelle liberté s'agira-t-il ?», s'interroge-t-il.

    L'opposition a également critiqué cet amendement. François Hollande, le premier secrétaire du PS, ironisait ainsi en déclarant c'est : «Travailler plus pour vivre moins».

    De son côté, le Medef a salué «un premier pas historique, une occasion de faire changer le regard de tout le monde sur le travail des seniors.» Mais la confédération générale des petites et moyennes entreprises estime qu'«imposer le maintien d'un salarié jusqu'à 70 ans contre la volonté de son employeur, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives.» Si l'amendement est voté en l'état, les salariés pourront en effet manifester dès 2009 leur choix de rester en activité au-delà de 65 ans. Un choix à renouveler ensuite chaque année. Et si les employeurs cassent ce contrat avant son terme, les salariés pourront donc se retourner contre lui…

    Pour l'heure, c'est une simple fiction. Cela a d'autant plus de chance de le rester qu'une minorité à peine 3% de la population - est actuellement encore au travail après 65 ans.

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