«Hiver nucléaire»
Ce sont des satellites de la Nasa chargés de relever les variations du champ de gravité terrestre qui ont mis la puce à l'oreille des chercheurs de l'Ohio State University travaillant en collaboration avec des géologues russe et coréen. Ils ont détecté dans l'est de l'Antarctique, dans la région des Wilkes Land, sous 1,6 kilomètre de glace, une anomalie circulaire de près de 320 kilomètres de diamètre contenant une grande concentration de matériaux venus de l'intérieur de la Terre. L'une des explications possible de cette anomalie est l'impact d'une météorite de quelque 48 km de diamètre qui aurait fait monter des profondeurs de la Terre ces matériaux «lourds». Le cratère qu'elle aurait formé est visible grâce aux images des satellites radars, il a presque 500 km de diamètre (deux fois la taille de la Suisse). Cet impact aurait entraîné une sorte d'«hiver nucléaire» au niveau planétaire, conduisant à une gigantesque extinction des espèces. Mais d'autres explications sont possibles. Il pourrait s'agir d'un phénomène volcanique «naturel» ayant conduit à la montée de cette lave. La disparition de trois-quarts des espèces il y a 250 millions d'années aurait ouvert la voie à la domination des dinosaures avant que ceux-ci ne disparaissent à leur tour, il y a 65 millions d'années (à la fin du Crétacé). Cette extinction est sans doute liée elle aussi à l'impact d'une météorite, plus petite puisqu'elle n'aurait eu «que» 10 km de diamètre, qui a donné naissance au cratère de Chicxulub, dans la péninsule mexicaine du Yucatan.
Autre secret bien gardé de l'Antarctique, percé récemment par des chercheurs britanniques : des rivières coulent au sein de la calotte glaciaire (1). Dans les années 1960, des observations radars avaient montré qu'il y avait plus de 150 lacs souterrains à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Le plus grand d'entre eux, appelé Vostok, mesure 250 kilomètres de long et 40 kilomètres de large. On les croyait isolé les uns des autres : il est aujourd'hui prouvé que des rivières et des fleuves souterrains les relient. Que nous cache encore l'Antarctique ?
(1) Nature, 20 avril 2006.
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