Des travaux plus récents ont mis en évidence qu'un médicament de la même famille, le raloxifène, utilisé contre l'ostéoporose, réduisait également le risque de cancer du sein avec des effets secondaires mal explorés, mais apparemment plus limités. Dans ces conditions, le raloxifène est-il plus adapté à la prévention que le tamoxifène ?
Pour répondre à cette question, les résultats d'un essai thérapeutique comparant les deux molécules, lancé aux États-Unis en 1999 sur 19 747 femmes ménopausées, viennent d'être présentés hier à la réunion annuelle de l'Association américaine d'oncologie clinique qui se tient actuellement à Atlanta. Les 19 747 volontaires participant à cet essai, toutes sélectionnées parce qu'à haut risque de cancer du sein du fait d'antécédents familiaux ou de prédisposition génétique, ont été divisées en deux groupes, les unes recevant 20 milligrammes de tamoxifène par jour, les autres 60 mg de raloxifène.
À la date du 31 décembre 2005, les chercheurs ont comptabilisé quasiment autant de cancers du sein dans les deux groupes (168 pour le raloxifène et 163 pour le tamoxifène). En revanche, le taux de cancer de l'utérus est plus faible avec le raloxifène (23 cas) qu'avec le tamoxifène (36 cas), tout comme celui d'embolie pulmonaire et de thrombose veineuse profonde, 100 cas avec le premier médicament, 141 avec le second. On peut noter aussi moins de cataractes avec le raloxifène. En revanche, le nombre d'infarctus est légèrement plus élevé avec le raloxifène (126 contre 114), tout comme celui d'attaques cérébrales (50 contre 41).
Pour les auteurs, ces données méritent que soit à nouveau débattu l'intérêt d'une prévention médicamenteuse du cancer du sein. «C'est très important de réfléchir à ces questions, estime le professeur Henri Pujol, cancérologue, président de la Ligue nationale contre le cancer. Pour les femmes à haut risque pour des raisons génétiques, la seule chose que l'on propose actuellement, c'est soit une surveillance régulière en attendant que le cancer arrive pour le traiter, soit l'ablation préventive des deux seins. Entre ces deux alternatives, il y a visiblement un chaînon manquant.»
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