Nordex sent le vent tourner. Le fabricant allemand d’éoliennes constate le ralentissement de son marché intérieur. Il a donc décidé de développer son activité en Chine. Le pays représente un potentiel de croissance important. Déjà, fin 2006, il est devenu le sixième producteur mondial d’électricité obtenue par les éoliennes. Et la Chine a défini un programme de développement de cette énergie renouvelable qui devrait la hisser au premier rang mondial en 2020.
Les perspectives des commandes chinoises à venir ont séduit Nordex. Il annonce ce matin un plan d’investissement en Chine de 50 millions d’euros. Ces fonds doivent lui permettre de quadrupler ses capacités de production chinoises d'électricité d’ici à 2011. Capable de fournir 225 mégawatts aujourd'hui, il ambitionne d’atteindre les 800 mégawatts à cette date.
''La concurrence en Chine est rude mais nous pensons pouvoir détenir une part de marché de 15% en 2011'', a dit le patron du groupe, Thomas Richterich, dans un communiqué.
Nordex avait fondé une co-entreprise en Chine en décembre 2005 avec deux fournisseurs d’électricité locaux. Un an plus tard, ses résultats financiers se sont envolés. Fini les déficits, le groupe éolien a dégagé alors 12 millions d’euros de résultat net. Il vise désormais le milliard d’euro pour 2008.
Cette société de droit allemand, fondée en 1985 au Danemark, a donc décollé grâce à ses positions chinoises, qu’elle va conforter. Pays de tradition écologiste, l’Allemagne n’offre plus guère de perspective de développement. Les constructions d'éoliennes au premier semestre 2007 en Allemagne ont reculé de plus de 20%. Faute de place à terre outre-Rhin, les éoliennes doivent désormais être construites en mer. Et ce type n’installation est beaucoup plus coûteux.
Lorsque les deux principaux actionnaires de la société, Goldman Sachs et CMP, ont annoncé la vente de leurs parts, la rumeur citait le nom d’Areva pour un rachat du groupe. Mais le fournisseur d’énergie nucléaire a démenti tout intérêt pour Nordex, fin août dernier.